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Vers des pôles de coopération territoriaux de l’ESS

De nombreuses initiatives tentent de lever les freins à l’économie sociale et solidaire, comme l’a montré un grand débat organisé dans le cadre du salon Lexposia, le 14 décembre. Parmi elles : la création de pôles de coopération territoriaux, sur le modèle des pôles de compétitivité. Un moyen de constituer des filières régionales de l’ESS.

“On vit avec une image complètement dépassée. On pense toujours l’économie comme une juxtaposition d’une activité privée à but lucratif et de l’action publique de l’Etat.” C’est le constat dressé par Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques, à l’occasion d’un grand débat sur la place de l’économie sociale et solidaire (ESS), le 14 décembre 2011, dans le cadre du salon Lexposia (salon européen du droit, du chiffre et de l’audit). Le journaliste, dont le mensuel est géré par une Scop, appelle à “sortir de cette vision binaire”. En quelques années, l’ESS a en effet gagné ses galons. Elle représente de 7 à 8% du PIB et 10% des salariés français employés dans des mutuelles, fondations, coopératives ou associations… C’est donc loin d’être un effet de mode. Entre 2000 et 2006, l’ESS a vu ses emplois augmenter beaucoup plus vite que ceux de l’économie traditionnelle. L’appel à une économie plus vertueuse qui a découlé de la crise a donné un regain de légitimité à l’ESS. Même si elle a aussi été l’occasion de dévoiler les dérives de certaines banques qui affichaient pourtant l’avantageux label de l’ESS… Pourtant, elle reste encore méconnue du grand public et fait l’objet de nombreux blocages. Intégrée dans l’économie de marché, elle ne se bat pas à armes égales, la rentabilité n’étant pas la première de ses priorités. “Aujourd’hui, les acteurs sont très inquiets, ils demandent à être davantage pris en compte par les pouvoirs publics, a alerté Aline Archimbaud, sénatrice de Seine-Saint-Denis. La situation a changé : la société est touchée par une forte précarité et les critères qui permettent d’allouer aux acteurs de l’économie sociale les aides d’Etat datent d’il y a vingt ans…” Autre difficulté relevée par la sénatrice : l’accès à la commande publique. “Il est encore très difficile pour une collectivité d’avoir recours à une régie de quartiers par exemple, puisque celle-ci sera mise en concurrence avec des sociétés privées qui ont des tarifs moins élevés.” Reconnaître les pôles de coopération territoriaux

Ce grand débat a été l’occasion de mettre en lumière de nombreuses initiatives destinées à lever ces obstacles. Pour aider les collectivités à s’investir davantage, l’Ile-de-France a ainsi édité un guide intitulé “Economie sociale et solidaire au service du développement durable : premières clefs pour les collectivités territoriales”. Ce guide a été réalisé par l’agence régionale de l’environnement et des nouvelles énergies de la région Ile-de-France (Arene) et l’Atelier, le pôle d’expertise de la création d’activités sociales et solidaires en Ile-de-France. Deux organismes qui n’entendent pas en rester là. “Il s’agit d’un premier pas. Par la suite, en 2012, on souhaite fournir aux collectivités des outils plus pratiques, un appui sur mesure, explique à Localtis Laura Winn, codirectrice de l’Atelier. On peut par exemple aider les collectivités dans la mise en place d’un diagnostic d’économie sociale et solidaire, ou les aider à rédiger un appel à projets.” L’Atelier songe même à créer une formation pour les collectivités. Autre piste pour mieux intégrer l’économie sociale et solidaire dans l’économie traditionnelle : développer les pôles de coopération territoriaux. A l’instar des pôles de compétitivité, l’objectif est de rassembler sur un même territoire entreprises, laboratoires de recherche et établissements de formation autour de valeurs communes et d’activités non délocalisables, avec éventuellement un régime fiscal attractif. Ce modèle permettrait de constituer de véritables filières régionales, notamment en matière d’agriculture biologique… L’idée est en train de prendre forme : plusieurs réseaux de l’ESS (Labo ESS, CNCRES, RTES, Coorace) viennent de lancer un appel à candidatures pour la création de pôles territoriaux. Les dossiers devaient être dépouillés le 15 décembre. Le lancement officiel de ces pôles est annoncé pour le mois de février prochain. “Il faudrait reconnaître ces pôles, au même titre que les pôles de compétitivité”, a insisté Aline Archimbaud. La réduction des dépenses publiques va obliger à trouver de nouvelles sources de financement. La Nef apporte une solution. Cette coopérative de finances solidaires, créée en 1988, collecte de l’épargne solidaire et octroie des crédits, dans le cadre d’un agrément de la Banque de France, pour soutenir la création et le développement d’activités professionnelles et associatives à des fins d’utilité sociale et environnementale. 85 millions d’euros sont ainsi disponibles en termes de crédits, ce qui représente près de 2.000 entreprises soutenues. “L’investissement est rentable pour la Nef, car les entreprises remboursent l’argent, et cela permet aux épargnants de donner un sens à leur argent”, a affirmé Amandine Albizzati, déléguée régionale de la Nef.

Article rédigé par Emilie Zapalski pour localtis.info

divers/economie_sociale_et_solidaire_ess/vers_des_poles_de_cooperation_territoriaux_de_l_ess.txt · Dernière modification: 19/05/2012 00:18 (modification externe)